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Tout a commencé au printemps dernier

Publié par princessepepette sur 22 Novembre 2013, 16:53pm

Catégories : #récit

 

Tout a commencé au printemps dernier.

Ce moment où la nature frémit et se réveille doucement comme on sort de sa torpeur nocturne.

Je rentrais chez moi après avoir travaillé toute la nuit au bar, harassée. Mon corps réclamait du repos et de la douceur.

Pendant que le jour se levait sur le bord de mer, j'ôtai mes chaussures pour glisser mes pieds dans le sable.

Je laissai échapper un soupir de bien-être.

Je fis quelques pas et allai m'allonger.

J'avais besoin de ce moment avec moi-même mais je le redoutais aussi.

Comment en étais-je arriver là?

Les larmes coulèrent le long de ma joue, je les essuyai du revers de la main et la douleur, cette putain de douleur qui ne voulait pas disparaître, qui passait du bleu au violet et qui marquait ma chair.

Ce qui faisait le plus mal, ce n'étaient pas les coups, c'était cette impression de ne plus exister.

Il m'avait retirée de la vie.

Je n'étais plus rien de ce que j'avais été, je m'étais effacée jusqu'à disparaître. Masse informe et silencieuse.

Lorsque les premiers coups étaient tombés, je m'étais recroquevillée. La nuit, dans le noir, quand enfin il dormait, on devinait une ombre secouée de sanglots. Je me déversais, me vidais de cette peur, cette colère, cette impuissance. 

Mais ce matin, j'avais l'impression d'avoir versé mes dernières larmes.

Je pensais à mon visage tuméfié, je ne me reconnais plus.

Je fermai les yeux et je revis la petite fille bagarreuse que j'avais été.

Jamais elle ne se serait laisser faire, elle.

Elle n'avait pas peur, elle.

Elle regardait les gens dans les yeux, elle.

Elle aurait afronté cette violence, elle.


Je cherchai mon souffle. Je lâchai prise quelques minutes. Calme, si calme.

Le malheur n'avait plus sa place, je le laissais s'échapper comme on se libère de ses chaînes. 

Je m'étais longtemps accrochée à mes rêves, à ce bonheur distillé entre les gifles mais là j'en crevais. 

L'eau vint me lècher les pieds comme une caresse apaisante.

Tout s'est terminé au printemps dernier. Non. Tout a commencé au printemps dernier.


 

 

Toi aussi tu peux écrire un texte, la contrainte, cette fois-ci, est décrire un texte commençant par "Tout à commencé au printemps dernier"

Les textes des autres participants:

Chez Venise (lc'est elle qui nous a proposé la contrainte, merci): http://motspourlecrire.canalblog.com/archives/2013/11/21/28483209.html

Chez Greg: http://gregatort.wordpress.com/2013/11/23/bouclez-la/

Chez Emilie: http://rienaredire.unblog.fr/2013/11/23/eveil/

Chez Fifi:  http://misstherieuse.blogspot.fr/2013/11/decompte.html

Chez Lactimelle: http://plumechocolat.wordpress.com/2013/11/24/fin-dun-amour/

Chez Spicelz: http://jesuisaussi.blogspot.fr/2013/11/en-emoi-fictionjeu-decriture.html

Chez cinnamon fraise : http://lafraise.eklablog.com/a-maintes-fois-a103366419

Chez Sohan Kalim: http://sohankalim.tumblr.com/post/68095937533/la-nimbe-carre

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La Fraise 25/11/2013 00:08


J'ai du mal à ne pas écrire dans/sur la mélancolie... Je retrouve ici mon thème fétiche, merci pour ces mots...

princessepepette 25/11/2013 06:40



Merci pour ce commentaire. j'essaie souvent de ne pas me laisser entraîner dans ce registre mais difficile parfois... :)



venise 24/11/2013 17:36


Un peu de violence dans ton printemps, j'aime la diversité dans notre manière d'avoir abordé le thème :) 


Belle écriture et un rythme qui coupe le souffle. 


A très vite, 

princessepepette 24/11/2013 18:00



merc!!


oui, un peu de violence, quand je te disais que j'allais moins facilement vers des écrits heureux... ;)


à très vite pour de nouvelles aventures littéraires!



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